Depuis 2005, la Fédération Laïque de Centres de planning familial, le Groupe Santé Josaphat et le Centre Vidéo de Bruxelles (CVB-VIDEP) ont entamé une réflexion sur l'utilisation d'outils audiovisuels en animation à la vie affective et sexuelle. En 2008, le Centre Socialiste d'Education Permanente (CESEP) s'est également associé à la démarche.
Dès le départ, nous avons également voulu allier la présentation de films avec une réflexion sur leur fabrication et leur utilisation : quelle valeur ajoutée peut apporter la création audiovisuelle dans la mobilisation d'un groupe et quelle peut être l'utilisation ultérieure de la réalisation qui en découle?
Cette réflexion plus globale sur le processus créatif et sur l'utilisation de la création vidéo en animation et en formation, nous a amené en 2009, à inscrire dans notre journée, l'intervention d'une personne-ressource, Jacques Duez - enseignant et réalisateur, notamment de nombreux entretiens avec ses élèves, filmés dans le cadre du cours de morale -, et le travail en ateliers autour des thématiques suivantes :
pourquoi, comment, avec quel public, utiliser des réalisations audiovisuelles dans les animations à la vie affective et sexuelle?
pourquoi, comment, avec quel public, mettre en place un atelier audiovisuel?
quels croisements possibles entre la réalisation audiovisuelle et d'autres pratiques culturelles et artistiques telles que le drama et le théâtre-forum?
Aujourd'hui, un film retrace les moments forts de cette journée d'octobre 2009, avec le témoignage de Jacques Duez, des extraits de films et des moments du travail en ateliers.
Vos réactions et commentaires nous intéressent. Ils viendront alimenter le travail de rédaction du livret d'accompagnement que nous avons essayer de structurer autour des questions suivantes :
Pourquoi utiliser l'image? Pour faire quoi en éducation à la vie affective et sexuelle?
Pourquoi utiliser un « film-outil » ou faire un film d'atelier?
Comment, sous quelles conditions l'image audiovisuelle est-elle un atout ou ne l'est pas?
N'hésitez pas à nous faire part de votre expérience et à nous interpeller sur notre démarche.
Merci de votre collaboration!
IVème JOURNÉE DE RÉFLEXION : SEXE, AMOUR & VIDEO
Le jeudi 13 octobre 2011
De 9h à 16h30
À la Maison des Cultures et des Associations de Molenbeek
PARTICIPATION
DVD Sexe, Amour &Vidéo + livret pédagogique + lunch compris : 10,00 € / 5,00 € membres de la FLCPF à verser sur le compte du CEDIF – BE97 0010 7304 8049.
INSCRIPTION :
Par courriel ou par fax : ccueppens@planningfamilial.net 02 503 30 93
Mention : coordonnées complètes + atelier1, atelier2 ou atelier3. Attention ! Les places sont limitées et votre inscription ne sera validée qu'à réception du paiement.
INFOS COMPLÉMENTAIRES :
Claudine Cueppens / CEDIF 02 502 68 00
ACCÈS :
- Métro Étangs noirs / Contes de Flandre - Tram 89 arrêt Merchtem - Parking place communale de Molenbeek
De Christian Van Cutsem - 48 minutes - 2008 - 16/9 - Film associatif - Production: VIDEP
SYNOPSIS : C’est l’histoire de quatre animateurs qui mènent, pour la première fois, des activités dans une école primaire, autour de l’égalité des sexes. De la 3ème à la 6ème, les idées fusent, les avis s’expriment, se confrontent sur qui fait quoi à la maison, sur les rôles joués par les filles et les garçons, sur les images que l’on a en tête ou non... Tout y passe : les stéréotypes, l’homosexualité, ... la femme ou l’homme idéal ...
LE BAISER DE LA LUNE est un court-métrage d'animation écrit et réalisé en 2010 par Sébastien Watel et produit par L'espace du mouton à plumes. Il a pour but d'expliquer les relations homosexuelles aux enfants à travers l'histoire de deux poissons mâles amoureux l'un de l'autre.Un court-métrage d'animation poétique pour aborder les relations amoureuses entre personnes du même sexe à l'intention des enfants de primaires.
SYNOPSIS : Prisonnière d'un château de contes de fée, une chatte, "la veille Agathe", est persuadée que l'on ne peut s'aimer, que comme les princes et les princesses. Mais cette vision étroite de l'amour est bouleversée par Félix, qui tombe amoureux de Léon, un poisson-lune, comme par la lune, amoureuse du soleil : deux amours impossibles, pour "la veille Agathe". Pourtant, en voyant ces couples s'aimer, librement et heureux, le regard de la chatte change et s'ouvre à celui des autres. C'est ainsi qu'elle quitte son château d'illusion et se donne enfin, la possibilité d'une rencontre...
Le film devait être diffusé dans les classes de primaires françaises dans le cadre de la prévention contre les discriminations mais le projet a été abandonné par le ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel face à la vive indignation des classes politiques, d'associations opposées à l'homoparentalité et de la presse conservatrice.
Construit à la manière d’un conte, le baiser de la lune, aborde la diversité des relations amoureuses de façon poétique. La problématique du film est celle du regard, celui qui se ferme sur sa vision du monde puis s’ouvre à celui des autres. Le film oppose différents personnages singuliers, une chatte, des poissons et des astres : autant de points de vues à priori opposés. Pourtant, au fil de l’histoire ces personnages s’observent, échanges leur point de vue, jusqu’à ce que leur différences se révèlent égales. Au delà de la thématique amoureuse, ce film invite à réfléchir sur la norme, les stéréotypes (de couple, d’homme et de femme), la violence du à l’intolérance : problématiques présente dans le racisme et le sexisme avec lequel un parallèle peut être fait. Ce film d’animation est un moyen ludique de lutter contre les discriminations, par un apprentissage du respect de l’autre et de sa différence.
Par ce film, le réalisateur Sébastien Watel cherche à faire accepter à un public d'enfants une histoire d'amour entre deux personnages du même sexe afin de les sensibiliser à la différence et la lutte contre les discriminations. Le DVD est accompagné d'un livret destiné aux enseignants et aux intervenants en milieu scolaire avec des exercices visant à faire réfléchir les enfants autour du thème de l'homosexualité et du regard de la société.
RÉACTIONS D'ENFANTS À LA VISION DU FILM :
Qu’avez-vous pensé de cette projection ? Si vous deviez choisir un mot pour dire ce que vous en avez pensé, ce serait …. ?
Dorian :
"C’est triste. Le chat perd ses maîtres, il ne les voit plus. Après, il ne voit plus le poisson."
Léa :
"C’était bien. Une histoire d’Amour. "
Clémence :
"C’était un peu tout le temps pareil. Je n’ai pas très bien aimé. "
Julie :
"Je retiens qu’il faut de la patience. Ca peut durer longtemps. "
Marion :
" C’était original à cause des personnages : une histoire d’amour entre un poisson, un chat, une lune et des humains… Joey : C’était pas bien. On s’ennuyait. Moi je préfère les histoires d’action."
Ilona :
" C’était super ! C’était rigolo. Il y avait beaucoup d’imagination, des choses qui n’existaient pas. "
Catherine :
" Je n’ai pas accroché. On n’est pas habitué à ces dessins même si c’était bien fait. Joanne : C’était des images bizarres et une histoire bizarre : un chat qui perd ses maîtres et parle à des poissons qui l’appellent grand-mère."
Pour vous, quel était le message du réalisateur ?
Eric :
"Il voulait que ça plaise aux enfants ."
Aude :
"Tu peux être amoureux de n’importe qui. L’Amour vient un jour ou l’autre ."
Dorian :
" Il voulait qu’on rigole ."
Catherine :
" Il voulait nous dire que ce n’était pas bien d’obliger à faire des mariages. "
Marion :
"C’était un film sur l’Amour : on peut être amoureux de qui on veut ."
Léa :
"Il nous a fait comprendre comment l’Amour ça marche."
Ilona :
"Si l’Amour n’est pas ici, il faut bouger pour le trouver."
POLÉMIQUES ET LEVÉE DE BOUCLIERS :
Le projet de diffuser ce film dans les écoles primaires a suscité une vive polémique.
L'association Le Collectif pour l'Enfant, qui milite contre l’homoparentalité dénonce une « propagande en faveur de l’homosexualité au sein de l’école » et craint un « conditionnement » des enfants ainsi qu'une « promotion de l'homosexualité » dans une école privant les parents de leur rôle d'éducateurs. L'association dénonce également l'implication d'organismes publics dans le financement du film.
Christine Boutin, présidente du parti chrétien-démocrate a rédigé une lettre ouverte à Luc Chatel (ministre de l'Éducation Nationale) dans laquelle elle demande l'interdiction de la diffusion du film dans les écoles « au nom du respect de la neutralité de l'Éducation Nationale dans les écoles ». Elle reproche également au court-métrage d'être un "film idéologique" qui "prive les enfants des repères les plus fondamentaux que sont la différence des sexes et la dimension structurante pour chacun de l’altérité.
La presse conservatrice et chrétienne a pris part au débat. La revue Les 4 vérité hebdo s'est attaquée au film qu'elle qualifie d' « incitation à l'homosexualité » et a publié sur son site une pétition visant à interdire la diffusion du film dans les écoles. La revue catholique Monde & Vie a dénoncé le projet dans un article sur son blog, reprenant les arguments du Collectif pour l'Enfant et de Christine Boutin.
DE NOMBREUX SOUTIEN AU PROJET :
Face aux nombreuses attaques pré-citées, le film a reçu plusieurs soutiens. Des associations LGTB pris position en faveur du film et de sa diffusion auprès des élèves, rappelant que l'école a le devoir d'apprendre la tolérance et le respect et de lutter contre les discriminations.
Du côté de la presse, Libération a dénoncé le parti-pris de Luc Chatel qui a interdit la diffusion du film dans les classes, malgré un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) paru deux jours plus tôt sur l'importance de l'éducation sexuelle à l'école. Le magazine Têtu soutient le projet et suit de très près le débat, critiquant les détracteurs du film.
Quelques organismes publics soutiennent le film : le CNC, le Conseil Régional de Bretagne, le Conseil Général des Côtes-d'Armor, le Conseil Général du Finistère et la Ville de Rennes11. Le Haut Commissariat à la jeunesse avait également versé 3000 euros pour la réalisation de ce court-métrage.
UN PEU D'HUMOUR... :
FICHE TECHNIQUE :
Réalisateur : Sébastien Watel Scénaristes : Sébastien Watel et Héloïse Capoccia Images : Fabien Drouet Technique : Sable et pastel animé Animateurs : Gilles Coirier, Goulwen Merret et David Thomasse Décors : Fabienne Collet et Maude Gallon Musique :Laurent Dhoosche Mixage : Bruno Henrieux (Studio Nixie)